Traitement de l'ulcère chez le cheval
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Face à un cheval qui perd de l'état, grince des dents ou devient rétif au sanglage, trouver un traitement ulcère cheval efficace est la seule solution pour stopper cette souffrance gastrique invisible. Pour soulager durablement votre compagnon, l'administration de molécules comme l'oméprazole ou le sucralfate permet de neutraliser l'acidité corrosive tout en favorisant la cicatrisation rapide des muqueuses squameuses et glandulaires fragilisées. Ce guide pratique détaille les protocoles vétérinaires de référence, les dosages précis et les ajustements alimentaires indispensables pour protéger l'estomac de votre animal et prévenir toute récidive douloureuse sur le long terme.
Traitement ulcère cheval : comprendre le syndrome de l'ulcère gastrique équin (SUGE)
L'estomac du cheval est un organe bien plus fragile qu'il n'y paraît. On imagine souvent une poche robuste mais la réalité biologique expose une vulnérabilité surprenante face à l'acidité permanente.
Distinction entre muqueuse squameuse et muqueuse glandulaire
L'estomac se divise en deux zones distinctes. La partie supérieure squameuse n'a aucune protection naturelle contre l'acidité contrairement à la partie basse. Cette zone reste donc très vulnérable.
La zone glandulaire produit du mucus protecteur et du bicarbonate. C'est un bouclier chimique indispensable pour la survie des tissus. Sans ce mucus, les sucs gastriques attaquent violemment les parois. Des lésions apparaissent alors rapidement.
Les ulcères squameux surviennent souvent à cause de remontées acides. Les ulcères glandulaires découlent plutôt d'une défaillance des mécanismes de défense.
Comprendre cette anatomie est la première étape pour soigner son animal. Chaque zone nécessite une approche thérapeutique parfois différente.
Impact des AINS et de l'exercice intense sur la paroi stomacale
L'effort physique augmente la pression abdominale sur l'estomac. L'acide est alors projeté vers le haut, sur la zone non protégée. C'est le fameux effet d'éclaboussure ou splash effect.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme la phénylbutazone bloquent les prostaglandines. Ces molécules sont pourtant vitales pour la production de mucus. Leur usage prolongé fragilise donc directement la barrière gastrique. La paroi devient alors sans défense.
Un cheval au travail intense sans fourrage préalable est une cible facile. L'acidité monte en flèche dès les premières foulées de galop. Le risque de brûlure devient alors maximal.
Il faut surveiller étroitement les chevaux sportifs sous médication. Leurs parois stomacales souffrent souvent silencieusement.
Symptômes d'alerte et diagnostic de certitude par gastroscopie
Puisque les causes sont identifiées, il faut maintenant savoir repérer les signaux que le cheval nous envoie au quotidien.
Identifier les signes comportementaux et la baisse de performance
Les signes sont souvent subtils et faciles à rater. Un cheval qui baille souvent ou qui grince des dents exprime une douleur sourde. La perte d'état est aussi fréquente.
Au travail, le cheval peut se montrer rétif à la jambe ou contracté. Il refuse parfois de s'employer correctement. Le sanglage devient un moment de tension visible pour l'animal qui anticipe la douleur.
- Bâillements répétés
- Flehmen fréquent
- Poil piqué et terne
- Baisse d'appétit pour les granulés
- Coliques sourdes après les repas
- Irritabilité au pansage
Examen de référence pour évaluer les lésions de stade 4
Seule la gastroscopie permet de confirmer le diagnostic avec certitude. Le vétérinaire insère une caméra souple dans l'estomac pour visualiser les lésions. C'est un examen rapide et indolore.
Les ulcères sont classés de 0 à 4 selon leur gravité. Un stade 4 correspond à des lésions profondes, étendues et parfois hémorragiques. C'est une urgence médicale qui nécessite un traitement lourd et immédiat.
Sans cette caméra, on traite souvent à l'aveugle sans connaître la localisation précise. Or, soigner la zone glandulaire demande des molécules spécifiques. L'examen oriente donc tout le protocole de soin.
Ne vous fiez pas aux tests sanguins. Ils ne remplacent jamais l'image directe.
Médicaments et molécules pour soigner l'estomac du cheval
Une fois le diagnostic posé par le vétérinaire, le protocole médical doit être mis en place sans tarder.
Utilisation de l'oméprazole et importance du dosage précis
L'oméprazole reste le patron incontesté pour couper les vannes d'acide. Il fonctionne comme un inhibiteur de la pompe à protons redoutable. Mais attention, son efficacité réelle dépend énormément du moment de l'administration.
Pour un effet maximal, administrez la pâte le matin à jeun. Votre cheval ne doit pas avoir touché à ses granulés avant. Cela garantit une absorption intestinale parfaite avant que la molécule ne commence à travailler.
Le dosage curatif est généralement de 4 mg/kg par jour. En prévention, on descend souvent à 1 mg/kg lors d'événements stressants.
Respecter la durée prescrite est capital pour éviter les rechutes. Un traitement dure rarement moins de quatre semaines consécutives.
Action du sucralfate et protocole de sevrage progressif
Le sucralfate agit comme un pansement sur les muqueuses abîmées. Il est particulièrement utile pour les ulcères situés dans la zone glandulaire. Il protège la plaie des agressions acides directes.
Ce tableau compare les outils thérapeutiques disponibles pour le propriétaire. Chaque molécule possède un mode d'action spécifique. Il faut donc adapter le choix selon la pathologie. Voici les principales options utilisées en clinique équine.
| Molécule | Rôle principal | Zone ciblée | Fréquence |
|---|---|---|---|
| Oméprazole | Anti-acide | Squameuse | 1x/jour |
| Sucralfate | Pansement | Glandulaire | 3-4x/jour |
| Pectines-Lécithine | Protection | Muqueuse | Quotidien |
| Argile | Tampon | Estomac | Par repas |
Ne stoppez jamais l'oméprazole brutalement en fin de cure. Un sevrage progressif évite l'effet rebond d'acidité. Réduisez les doses sur une semaine pour laisser l'estomac se réguler seul.
Un arrêt sec provoque souvent une hypersécrétion acide. C'est le meilleur moyen de rechuter.
Soutien complémentaire de la muqueuse gastrique
En parallèle du protocole vétérinaire, certains compléments peuvent contribuer au confort digestif, sans se substituer au traitement médical.
Formulé à base d’aloe vera et d’extrait de pépin de pamplemousse, ce pansement gastrique naturel est utilisé en accompagnement des épisodes d’irritation gastrique ou lors de périodes de stress (transport, compétition, changement d’environnement).
Il peut contribuer à soutenir la muqueuse et à limiter l’inconfort digestif dans le cadre d’une prise en charge globale validée par le vétérinaire.
Alimentation et mode de vie pour prévenir les récidives
Les médicaments soignent les plaies mais c'est la gestion quotidienne qui empêche leur retour.
Gestion du fourrage permanent et limitation de l'amidon
Le foin doit être la base absolue de la ration. L'accès permanent permet au cheval de mastiquer continuellement. La salive ainsi produite est un tampon naturel contre l'acidité.
L'amidon présent dans les céréales est un ennemi redoutable. Sa fermentation produit de l'acide lactique qui aggrave les lésions existantes. Il faut limiter les repas de granulés à 2kg maximum par prise.
Fractionner les repas de concentrés en trois ou quatre distributions est idéal. Cela évite les pics d'acidité trop violents après l'ingestion.
Un filet à foin à petites mailles peut aider. Il ralentit l'ingestion et occupe le cheval sur de longues périodes.
Soutien antioxydant et récupération après phase d’ulcère
Un cheval ayant souffert d’ulcères présente souvent une perte d’état et une récupération musculaire plus lente. Un soutien ciblé peut accompagner la remise au travail progressive.
Grâce à son extrait concentré de spiruline, il peut contribuer à soutenir les défenses naturelles et la récupération après un épisode d’ulcère, notamment chez les chevaux de sport ou fatigués.
Stress et équilibre global
Le stress chronique favorise l’acidité gastrique. En complément des ajustements de mode de vie (pré, congénères, fourrage continu), un soutien nutritionnel peut être envisagé dans certains cas.

Ce type de complément peut accompagner les chevaux sensibles lors de périodes identifiées comme stressantes (transport, concours, changement d’écurie). L’objectif n’est pas de “masquer” un problème gastrique, mais de limiter un facteur aggravant connu.
Importance des contacts sociaux et de la vie en extérieur
Le stress est un facteur déclenchant majeur chez les équidés. La vie au box l'isolement et l'ennui favorisent la production de cortisol. Cette hormone nuit à la santé de la muqueuse gastrique.
Privilégiez la vie au pré avec des congénères calmes. Les contacts sociaux apaisent le système nerveux du cheval. Un animal serein sécrète moins d'acide et cicatrise beaucoup plus facilement après un traitement.
La mastication de l'herbe stimule aussi la production de salive protectrice. C'est un comportement naturel qui occupe l'esprit et l'estomac. Le mouvement libre favorise également un bon transit intestinal.

